LE
MARIAGE (Vodogona).
Les
Marbas ont des traditions anciennes par rapport au mariage.
Autrefois, le père se sentait la responsabilité de trouver
une fiancée à son fils. Quand il se trouvait dans un
autre village, il avait toujours l’oeil ouvert. Et
quand il dénichait une jeune fille convenable, il se
présentait rapidement à ses parents
pour leur exprimer ses intentions.
Si les parents de la jeune fille se montraient favorables, dès son retour
chez lui, il invitait son fils à se rendre sur place pour se rendre
compte par lui-même de la valeur de la jeune fille.
Aujourd’hui,
c’est le garçon lui-même qui va à la recherche de sa future; parfois, il se fait
accompagner par des amis. Pour s’assurer qu’il fait le bon choix,
il essaie de s’enquérir auprès des gens : « Travaille-t-elle? »« Est-elle
respectueuse envers ses parents? »
« Est-elle à sa place? » La
jeune fille fait de même au sujet du garçon. Et
finalement, il y a toujours la famille qui s’enquiert de tout sur la
vie des jeunes prétendants ainsi que des familles respectives.
Si la jeune fille est intéressée au garçon, elle ne le lui
fait pas savoir immédiatement, mais, quelques jours après, elle
charge une tierce personne de faire connaître ses sentiments.
Quand le garçon apprend la nouvelle, il part de chez lui et apporte un
cadeau à son futur beau-père, habituellement un coq.
Mais
avant d’épouser sa fiancée, il faut se présenter avec la dot. Donc
dès que le garçon a trouvé l’argent de la dot, il annonce à ses
futurs beaux parents le jour de sa venue. Il est
important que le garçon fasse cette démarche, parce que la future belle-mère
doit préparer la boisson pour les gens qui seront présents.
Le jour venu, le garçon se présente avec
deux
témoins. Dans la concession du beau-père, ce dernier appelle à son
tour des témoins qui sont en général des amis ou des personnes âgées.
Quelques moments plus tard, le garçon donne l’argent à ses deux
témoins qui le comptent devant tout le monde, avant de le remettre
dans les mains du futur beau-père. C’est seulement
après ce cérémonial mercantile que le père appelle sa fille et lui demande si
elle accepte la dot apportée par le garçon. Si elle dit oui, cela
signifie qu’elle accepte d’épouser le jeune homme. Avant de partir, le fiancé
remet à son beau-père deux cabris qui seront tués en l’honneur des
témoins.
Les
futurs ne prendront pas part à cette fête pour différentes raisons
superstitieuses.
Quelque temps après la jeune femme est envoyée
chez son mari. Sa mère lui achète auparavant un ou deux
morceaux de linge, et lui prépare quelques calebasses
devant servir à la cuisine. Au moment des adieux, le
père prend un brin d’herbe, le mâche et le dépose dans les cheveux de
sa fille, en disant : « Que mon dieu te garde; que tu aies beaucoup
d’enfants; que l’eau que tu bois ne te fasse aucun mal, etc.
etc.. ». Les filles qui doivent l’accompagner lancent
alors des cris de joie, ensuite entonnent des chants et se mettent en route vers
le village de l’époux.
Arrivées
à la concession de l’époux, les amis de celui-ci prennent la mariée
dans leurs bras et l ’amènent dans la case de l’époux. Les jeunes
filles dansent et chantent toute la nuit. C’est pendant
les chants que l’époux entre dans sa case, remet en
cadeau son couteau de jet à sa femme, un cadeau plutôt symbolique et
si elle l’aime vraiment, elle se donne à lui en
retour.