ORGANISATION SOCIALE CHEZ LES MARBAS
Deux
grands clans composent la tribu, chacun gouverné par un grand chef.
Le clan, c’est la grande famille à l’intérieur de laquelle se retrouvent
les cellules familiales des hameaux.
La famille est
partie constituante du clan et elle déborde des rôles qui sont propres à notre
civilisation. Étant donné que le mariage institutionnel est la
polygamie, la famille est plus grande et le cercle des relations plus vastes.
Les anciens choisissent le chef du clan, les chefs de chaque hameau et ils
règnent en patriarches et en sages sur chaque famille pour protéger les lois et
la tradition. Les anciens consacrent d’autres
fonctions, comme celle du "chef de la terre"(Sama Andagada), de "la pluie" (Sama
Ge Alona), des "initiations" (Sama Lebeda). Les anciens président
à la vie quotidienne : ils donnent le nom au nouveaux - nés,
choisissent les époux, règlent les palabres familiales, jugent les
coupables, président aux initiations, discutent les dots, participent
aux sacrifices, décident des honneurs à accorder aux défunts,
recourent aux devins, etc.
Notion du
temps : Les Marbas ne connaissent pas le quartz, ni les piles
chimiques, ni les balanciers, ni les cadrans solaires.
Pour les Marbas, le temps ce sont les événements,
les
saisons (sèche et mousson), les lunes, les jours et les nuits qui se
suivent depuis des millénaires et que les anciens racontent
(tradition orale). Les événements deviennent des faits
de référence pour se souvenir. Les saisons imposent à
la tribu des travaux de subsistance de la moisson ou les travaux des
champs.(mousson : culture de riz,
millet, igname, etc.) et des travaux d’organisation familiale ( saison sèche :
construction de cases, fabrication de sekos, etc.).
Les lunes sont l’horloge qui rappelle les faits ainsi que le font les
événements. Le "chef de la terre" les compte pour annoncer à la
population quand débuter les fêtes Les anciens dans les familles comptent les lunes pour
garder vivante l’histoire de la famille. Les jours
appartiennent aux vivants, les nuits aux défunts et aux sorciers.
(Suma
Matna et Suma Accuda).
Activités
réglées par le temps : pendant la mousson, les hommes partent aux
champs, les femmes vont à la recherche d’eau, pilent le riz pour
l’unique repas du soir et elles s’occupent des enfants ( notez que
tous les travaux sont catalogués et sacrés pour chaque sexe).
Après la récolte, les hommes s’attellent à des travaux de
réparations, tandis que les femmes ajoutent à leur travaux habituels
la fabrication d’ustensiles domestiques (calebasses, etc.).
Les soirs de pleine lune, (saison sèche plus propice) les
hameaux dansent : la "djoga" pour les petites filles, "l’adjoda" pour
les femmes mariées, les "ndagala" et "andula" pour les hommes et les
femmes. Une fois semaine, selon le rituel établi, les
femmes se rendent aux marché de brousse (échange de denrées et lieu
de retrouvailles). En janvier et février, les hommes partent à la
chasse. D’autres jours, tout le hameau se retrouve à la
pêche. C’est le hameau qui bouge, s’amuse, récolte et
partage. Vers douze ans, les garçons sont acceptés dans
le monde des hommes, après l’épreuve du "lebeda" et les
filles sont proposées en mariage. La tribu se retrouve
toujours aux mariages, aux funérailles et à la fête de la
moisson
(Vuntil Marbana).
Voilà en quelques mots la vie simple
et sereine d’un peuple qui, pendant des millénaires, est resté replié
sur lui- même, mais bien structuré pour faire face aux événements de
la nature
et de la vie. Chez les Marbas, le temps
s’inscrit en cohérence avec l’organisation sociale et culturelle.
Et leurs anciens sont la mémoire de la tribu et le chronomètre
de tous les événements.
Aujourd'hui, l'arrivée des religions
chrétiennes et de la religion musulmane, l'intrusion de la radio et la
télévision, la plus grande facilité des communications, sont venues certainement
perturber une vie restée statique pendant des millénaires.
Quelles en seront les conséquences?