Le curé de la paroisse, un homme de grande expérience et d’un
dynamisme à toute épreuve, fut clair à mon égard : il s’attendait à une
grande disponibilité de ma part, et que je sois prêt à ce qu’il me confie
des tâches bien précises. Bien qu’il
soit un homme d’autorité, il consultait souvent ses vicaires, en se préoccupant
avant tout de prendre les meilleures décisions pour sa communauté chrétienne.
Je me souviens d’avoir assumé le travail qu’on m’avait confié
de manière sereine et confiante, en me souciant de profiter de l’expérience des autres vicaires.
Toutes mes activités étaient
concentrées sur deux pôles, à l’église et à l’école. À l’église, je
célébrais tous les offices propres à un prêtre, la messe quotidienne, les cérémonies de mariage, les services funèbres; je baptisais, je confessais et je prêchais régulièrement
aux messes du dimanche. Et,
m’étant aperçu que j’avais une grande facilité de communication du haut de la chaire, j’apportai un soin particulier à la préparation de mes sermons. Je ne me contentais pas de développer mes homélies seulement à partir des textes
sacrés, en y tirant des leçons de morale, mais je me préoccupais surtout de vulgariser la doctrine de l’Église. Disons que j’en retirais une grande satisfaction. Je fis
rapidement aussi ma marque comme confesseur, puisque je vis un bon nombre de fidèles fréquenter assidûment mon confessionnal et le presbytère.
L’autre pôle où j’exerçais mon ministère, c’était l’école. Dans les années 1960, les écoles étaient tenues par les religieuses. Elles étaient venues dans le nord de l’Ontario en provenance du Québec, sollicitées par l ’évêque de l’endroit. Avec les curés et les religieux
de la région, elles ne protégeaient pas seulement la foi des
Canadiens français, mais aussi leur langue.
Ces religieuses très dévouées, étaientaussi très compétentes pour enseigner la catéchèse; toutefois,
elles voyaient la présence d’un prêtre dans les écoles comme un support à leur
travail et un stimulant pour les élèves.
C’est ainsi que je rencontrais régulièrement les professeurs et les
élèves pour leur apporter tout mon soutien.
Je trouvais
beaucoup de plaisir à être parmi ces jeunes, car ils finirent par
meconsidérer comme un ami. Je me souviendrai toujours des activités créatives qui avaient lieu dans les écoles et qui faisaient l
’orgueil des enfants et des parents.