UN SOUVENIR : MON PÈRE AU MONASTÈRE.
Avant de vous faire connaître quelle fut la décision de mes
supérieurs et ma nouvelle destination, je retourne un peu en arrière, pendant l ’année 1961, pour vous parler d’une visite rare au monastère,
celle de mon père.
Lors d’un de
mes passages à Montréal pour des raisons de ministère, j’avais invité mon père à venir séjourner quelques
jours avec moi, au moment qui lui conviendrait le mieux. La chose était possible, puisque les moines étaient très hospitaliers et qu’étant
un homme, il pouvait vivre parmi nous.
À son arrivée, je l’amenai dans sa cellule, aménagée exactement comme celle d’un moine : un petit lit, une chaise, un pupitre et le crucifix au mur. Je lui dis que pendant les cours du matin, il pourrait se promener dans les
jardins, tandis que pendant le reste du temps, ils pouvait nous suivre dans notre quotidien. Eh bien,
croyez-le ou non, mon bon père nous a
accompagnés partout, dans nos prières du jour et de la nuit, au réfectoire, pendant les récréations. Je crois qu’il profita énormément de la semaine; elle fut pour lui une semaine de ressourcement et de
repos.
Je me souviendrai
toujours de son visage qui affichait une très grande sérénité. Pour moi
qui avais manqué sa présence pendant des années dans mon enfance, ce fut un moment précieux d’une belle intimité.