Je viens de
réaliser un rêve, celui de mettre par écrit quelques pages de ma vie. Je dis bien quelques pages, car comment
raconter en détail toute
son enfance, son adolescence et sa vie d’adulte?
Comment,
surtout, descendre au fond de soi et ramener en surface tout ce que
notre esprit a expérimenté? Comment
ramener au présent toutes nos
émotions? Que peurs m’ont accompagné tout au long de mon
existence! Que de tristesses, de joies,
de doutes ont fait route avec moi, certains jours! Que de sentiments de puissance et
d’impuissance ont accompagné mes faits et gestes! Que de moments de
satisfaction et d’insatisfaction à la fin de chaque journée! Que de batailles gagnées ou perdues sur
moi-même, à des moments cruciaux de ma vie! Que de rêves
réalisés ou inassouvis dans ma vie individuelle et ma vie partagée!
Que d’amour donné et reçu! Que de
pouvoir gratifiant et décevant exercé!
Il me faudrait reconstituer tout cela pour que le portrait de ma vie
ressemble pleinement à la réalité.
Ramener au
présent une telle intériorité, c’est d ’écrire son journal spirituel, le
seul complet et authentique. Une telle
tâche était
exclue de mon
propos en rédigeant les mémoires que vous venez de lire. Alors, je me
suis contenté de vous ouvrir souvent une porte ou une fenêtre de ma
demeure pour que vous y jetiez un regard
à l’intérieur. J’ai commencé à
écrire cette brève autobiographie, très conscient que j’allais vous parler d’un
homme en devenir, donc d’un homme avec sa grandeur et sa petitesse, à
la recherche de son mieux-être et à la poursuite du bonheur. Je sais
aujourd’hui que le seul but de la vie d’un homme c’est d’atteindre la
sagesse. Même si j’avais acquis toute la
culture du monde, si je possédais
un grand nombre de biens, si j’avais réussi toutes mes carrières, si
j’avais réussi à bâtir la famille la plus heureuse, mais que tout cela
n’aurait pas été édifié sur les fondements de la sagesse, tous les labeurs d’une
vie auraient été vains. Et comme je suis
toujours un homme en
devenir, je regarde devant moi pour que demain et les jours qui suivent
m’apportent plus de sagesse.
LE
PÈLERIN
Entre une aurore et un coucher de soleil
Marche le pèlerin ignorant son destin;
Il connaît à peine le début de son chemin
Et il ignore où cela l'amène
S'appuie le pèlerin à un arbre où à une fontaine;
Il apprécie l'ombre et l'eau de la fontaine,
Et il ignore s'il en aura le lendemain.
Entre un nuage et un arc-en-ciel
S'arrête le pèlerin à découvrir les humains;
Il leur confie autant ses espoirs et ses peines
Pour repartir, le coeur en peine.
Entre le temps qui avance et celui qui s'efface
Le pèlerin constate qu'il n'y a pas d'espace;
Le passé et le futur c'est le présent qui s'efface
Et il ne reste que le néant qui prend place
Entre deux bras qui très fort l'enlacent
Le pèlerin découvre qu'il a trouvé sa place;
Les êtres et les choses, le temps et l'espace
Seuls par l'amour sont ici - bas à leur place.
LIBERTÉ
L'enfant te possède
Dans l'inconscience.
Tu brilles dans ses yeux
Et ses gazouillis te chantent.
L'adolescent te possède
Dans la désillusion.
Il se débat pour toi,
La découverte ne te remplace pas.
Le soldat te défend
Hautement fier de toi.
Il t 'a perdu pour lui
Il te cherche pour les autres.
La mère t 'a retrouvé
Dans le don de soi.
Tu es l'aurore de ses jours
Et te perds en grandissant l'enfant.
Le vieillard te retrouve
Et avec toi sa joie.
Il ne lutte plus pour toi
Que pour peu de temps.
L'hirondelle dans le ciel bleu
L'abeille sur les boutons d'or.
La biche dans la paix des forêts
Sont libres sans savoir ton nom.
Moi je t'adore.
Je refuse tout esclavage pour toi.
Je t'ai retrouvée dans l’amour
Et à cause de lui
j'adore aussi ton nom :
LIBERTÉ.
FIN