6
janvier : LA BEFANA.
Tous les enfants du monde ont toujours eu
leur fête. Nous, notre fête d’enfants c’était celle de la Befana. Nous ne rêvions pas au Père Noël, ni à
l’arbre de Noël, mais à cettevielle dame qui venait du fond des siècles, d’endroits
mystérieux, pour récompenser nos bons
comportements, ou pour nous faire savoir que nous n’avions pas été trop sages.
Nous attendions nerveusement le 6 janvier
au matin, en sachant que, sages ou pas sages, nous trouverions
quelque chose dans les vieux bas suspendus dans l’âtre de la
maison. Notre sommeil de la nuit du 6 janvier était plutôt agité; et, au chant
du coq, nous épiions déjà tout mouvement dans la maison. Au signal du réveil, donné par ma mère, nous nous précipitions vers la cheminée
pour décrocher le gros bas bien bourré et, avec de grands yeux, nous
le déballions, allant de surprise en surprise. Nous agissions comme si nous avions oublié ce que le bas pouvait contenir, car les
cadeaux étaient toujours les mêmes, chaque année.
Quel émerveillement devant la petite
boite de ’’ Torrone’’ (nougat) et l’orange , la pomme et parfois
quelques lires! Quant à moi, je n’étais
pas du tout étonné de découvrir un gros morceau de charbon et un gros oignon, signes évidents de mon manque
de sagesse.