Décembre : Noël.
Tout le monde a des souvenirs à propos de
Noël, mais ceux que nous aimons le plus, ce sont les souvenirs de
notre enfance.
C’est de ces souvenirs que je veux vous
parler, d’autant plus qu’ilssont chargés de toute la culture de ma
région natale.
Les joies de Noël commençaient pour moi
avec l’arrivée des « Zampognari ». C’étaient des bergers qui descendaient des montagnes des Abruzes. Transportant avec eux l’odeur des troupeaux, ils étaient habillés de
peau et de laine de moutons. Ils
venaient nous jouer les airs des cantiques de Noël. Nous les suivions partout et les
accompagnions jusqu’à la sortie du village. Je me souviens qu’ils partaient heureux, car les maîtresses de maison sortaient
pour leur refiler des vivres, du pain, des saucissons, du fromage et
parfois même du vin du pays.
Deux semaines avant Noël commençait un autre
plaisir : celui de
monter « il presepio » (la crèche ). Moi,
je n’avais pas les moyens
d’en construire une, mais souvent je
m’associais à un copain et ensemble nous laissions déborder notre
imagination pour recréer l’atmosphère de Bethléem. La dernière joie nous venait de
l’église : pendant neuf jours, très tôt le matin, nous chantions des cantiques de Noël et admirions la crèche somptueuse
et réaliste, à côté du maître-autel. Nous avions hâte d’y voir le Christ couché
sur la paille, entre le boeuf et l’âne.
Toutes ces joies, riches en émotions,
c’étaient, sans le savoir, des cadeaux que nous nous accordions pour la
vie.