Pendant les années 1930, le gouvernement
fasciste italien cherchait à étendre ses territoires autour de la
Méditerranée comme avaient fait les autres pays européens. Il visa l’Afrique du Nord et de l’Est . Il occupa l’ Érythrée et il eut une influence
presque coloniale sur la Libye. Les
rêves de Mussolini allaient jusqu’à penser - quel irréalisme! – à la création
d’un nouvel empire romain. Là-dessus, il suivait les traces d ’Hitler et était tacitement encouragé
par lui. Ces conquêtes eurent le grand avantage, au moins, de soulager le
chômage chronique du pays.
Mon père, toujours aspirant à un meilleur
sort, et aussi poussé par son esprit d’aventure, partit pour l ’ Érythrée, où il
fut plus bâtisseur que soldat. Je revois des photos le représentant non pas
avec un fusil, mais avec un pic à la main. C’est ainsi que ces pays eurent leurs
premières lignes de chemins de fer.
Entre temps, une guerre sanglante se préparait
en Espagne.
Le communisme et les forces de gauche essayaient de prendre pied dans ce pays catholique et
royaliste et n’épargnèrent aucune violence. Un homme surgit pour défendre la tradition et
le pouvoir en place : Franco qui, dans cette lutte contre la
gauche, fit appel à
l’Allemagne et à l’Italie. Les
deux pays répondirent favorablement.
Et voilà, encore une fois, mon père parti, se
joignant aux «camicie nere» (chemises noires ) du «Fascio». Un jour, Franco passa en revue les troupes italiennes et quand il arriva à la
hauteur de mon père, – ils étaient très petits tous les deux - il lui
serra la main; alors
mon père se présenta à son tour, en disant : «Franco» !
«Mais alors, - rétorqua le généralissime -, nous sommes
cousins»? Il y eut un moment d’hilarité aux alentours, bien
sûr.
Cette fois, l’absence ne me parut pas trop longue; il était parti en ‘39
et rentra au début de l’an ‘40. En
fait Franco, généralissime d’Espagne, avec l’aide des Européens, avec ses troupes de Mauritanie
et du Maroc, avec enfin les forces internes de droite, avait réussi à
déloger et à défaire les communistes du pays.