MON ORDINATION
SACERDOTALE.
Ma formation théologique s’acheva en juin 1957.
J’avais parcouru une longue route (11 ans) de formation chez les Capucins et je
venais d’en atteindre avec succès
le sommet : l’accès à la prêtrise. Mes confrères de classe furent ordonnés prêtres à Ottawa, tandis que moi, j’eus le
privilège de recevoir la prêtrise à
Montréal. En fait mes supérieurs tinrent compte du fait qu’il y avait une forte communauté italienne à Montréal et demandèrent à l’archevêque de cette ville de m’ordonner prêtre avec les autres candidats de son
diocèse.
La joie, vous pouvez vous l’imaginer, fut énorme pour mes parents, ma famille et la communauté italienne, en particulier pour les gens
de mon village qui étaient nombreux à vivre à Montréal. Pour cette occasion, mes parents renouèrent même
le contact avec la famille de mon père qui habitait au Brésil, c’est -à- dire mon grand-père Pardo et ses
enfants.
(Mon père devait être tellement fier d’avoir un fils prêtre, qu’il
laissa tomber les rancunes qu’il avait gardées envers sa famille depuis
1922 !)
Aussi, pour permettre à la communauté de Casacalenda, en Italie, de participer à l’événement, mes parents firent imprimer un
manifeste qui fut affiché dans les rues du village. Après l’ordination par le Cardinal Paul-Émile Léger à la cathédrale Marie Reine du Monde,
j’eus le plaisir de célébrer ma première messe, en présence de milliers d’Italiens, à l’église Notre-Dame de la Difesa, fondée par les
immigrés casacalendesi de Montréal.
Ensuite, ma première année de prêtrise fut une année d’initiation à la vie de pasteur; ainsi, tout en ayant
mon pied-à-terre au monastère d’Ottawa, j’étais envoyé par mes
supérieurs
pour prêter main-forte aux curés du diocèse, où j’étais réclamé
pour prêcher dans les paroisses italiennes de Montréal ou d’Ottawa.