LA SURVIE DES CANADIENS FRANÇAIS.
Je ne peux pas m’empêcher ici de parler brièvement de la
lutte à laquelle étaient confrontés les
Canadiens français du nord de l’Ontario.
Les anglophones
qui avaient encore un certain pouvoir dans la province de
Québec, se comportaient en Ontario comme rois et
maîtres en tout. Ils
assimilaient tous les immigrants qui arrivaient dans leur
province et considéraient les Canadiens
français comme des immigrants au même titre que
les autres. Ils imposaient
leur langue dans les commerces, dans les rues, sur les lieux de travail,
par la radio, les journaux et la
publicité.
Certes, les Canadiens français avaient
déjà fondé des associations au niveau
provincial pour défendre les droits de leurs communautés,
mais ces regroupements n’étaient pas encore assez forts pour
changer les lois de la province (ce qui viendra beaucoup plus tard) et
permettre aux francophones d’être traités en
égaux. Pour obtenir des droits, les
francophones ont dû se battre pouce par pouce.
Ça été le cas pour obtenir la
création des écoles qu’ils ont bâties et soutenues à
coup de gros sacrifices. Ce
fut aussi le cas pour obtenir un poste de radio en langue
française.
Ce que j’ai admiré chez eux, c’ est l’unité
et la ténacité dont ils ont fait preuve pour avoir gain
de
cause.
Dans ce combat, les prêtres et les religieux ont
été des chefs de file qui menaient leur
troupes sur le champ de bataille. Je me
souviens des interventions du curé de la paroisse
française de Timmins qui se battait pour les
siens afin de corriger des
injustices au niveau municipal. Souvent
appuyé par ses paroissiens, il obtenait satisfaction. J’ai été
témoin de cette triste injustice en Ontario,
mais j’ai tiré aussi un
leçon de cette expérience :
quand un peuple est opprimé, il prend plus
facilement conscience de ses origines et de
sa culture. Et dans
l’oppression
et la souffrance, il retrouve tous ses moyens pour se
défendre pour reconquérir ses droits.